Les choses de plaire sont affaires féminines?

Je viens de revoir un camarade de beuverie d’il y a trois ans. Ce que je devais peu m’aimer pour fréquenter des déchets pareils. Je devais vraiment être désemparée. Les gens simples ne sont pas forcément des gens bien. Il s’appelle Tony. J’étais en train de nettoyer les tables du restaurant ou je travaille, quand j’entends qu’on me hèle et l’aperçois avec deux de ses amis… Qu’elle horreur ces discussions dont on se fout et que la courtoisie nous oblige à tenir. « Salut.  Salut.  Ça va ?  Ouais… » – Lui « Mais tu as maigri ! » – Moi « Oui. » – Lui « Dis donc, ça te fait du bien de travailler, encore un peu et je viendrai te draguer à la sortie de ton boulot. » Et merde, il ne manquait plus que ça, un égocentrique, bac moins six, qui porte un jugement. Putain sois cool, reste cool, sois intelligente pour deux. La peau grasse, les mains et les ongles sales, il fait semblant de me connaître par cœur. – « Ha, sacrée Carole ! » Si j’osais, je sauterai sur lui pour lui récurer la langue à la javel et au tampon jex. Beurk, décidément les abîmes sont bien plus profonds que  je ne la croyais. – Lui « Tu me donnes ta nouvelle adresse ? » – Moi « Non. » Et quand bien même : lépreuse à l’ultime stade, abandonnée par tous, un couteau sous la gorge, il ne connaîtrait pas ma nouvelle adresse, et ce truc me regarde ! – Moi « Bon, j’ai du travail. Chao. » Une fois en arrière cuisine, mes yeux s’emplissent de larmes, je pense à quel point je me suis rabaissée dans le passé, à si mal choisir ceux que je voulais pour amis. Je lui souhaite d’être heureux avec ceux qui lui ressemblent, quand à moi, à présent, je ne l’ai jamais connu.

Exemplaire en tirage limitée sur demande.

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